Plus de 200 activistes au 5ème Congrès Trans* Européen

Plus de 200 délégués représentant des associations qui défendent les droits des trans* de plus de 50 pays différents étaient présents à Budapest pour le 5ème congrès trans* européen organisé par l’association Transgender Europe (TGEU) et l’association locale hongroise TransVanilla. Cet évènement de taille, qui se tenait du 1er au 4 mai 2014, dont le slogan était: “Trans Safe & Equal” (“trans* en sécurité et égaux”) a pour vocation de renforcer les communautés et activistes trans* internationaux, de leurs donner des outils pour mieux défendre leurs causes dans leurs pays respectifs, et bien entendu de leur permettre de se rencontrer et partager leurs expériences.

TGEU Legal Gender Recognition
Le programme était d’une richesse impressionnante avec de nombreux exposés, discours et plus de 25 ateliers sur les thématiques concernant les droits et la défense des personnes trans* tels que: la reconnaissance légale de l’identité de genre, la protection et le soutien des personnes trans* contre la discrimination et la violence, les doits humains, le droit européen, les conditions médicales et la déspychiatrisation, le renforcement de la communauté, le recensement des victimes de transphobie, l’éducation, le féminisme trans*… Il y avait par exemple un atelier qui avait pour objectif de comprendre comment les lois européennes sur l’égalité entre femmes et hommes peuvent être utilisées pour des cas de discrimination envers des personnes trans*. Ces activités étaient animés par des représentants d’ONG comme Amnesty International ou Human Right Watch, du Conseil de l’Europe, des experts en droits humains et des représentants d’associations trans* de nombreux pays.

Le fait qu’un évènement trans* international de telle envergure se soit passé en Hongrie est un signal fort en faveur de la diversité LGBT en Europe de l’Est.

Des discours forts pour les droits des trans*

Navi Pillay Speech for Transgender Rights
Navy Pillay, la Haut Commissaire des droits humains aux Nation Unies, qui a défendu de nombreuses causes en faveur des droits humains, des droits des femmes et des communautés LGBT, a livré à l’occasion de ce congrès un discours particulièrement fort en faveur de la reconnaissance des droits des personnes trans* et sur la lutte contre les discriminations:

“La violence envers les personnes trans*, plus spécialement les femmes trans*, est effrayante et répandue. Des centaines sont tuées chaque années dans des attaques, des milliers sont blessées. Les préjugés et l’ignorance attirent la discrimination. Peu de pays ont des lois adéquates pour protéger les personnes contre la discrimination fondée sur l’identité de genre. L’accès à des services de santé appropriés est encore très difficile pour les personnes trans* presque partout. Même aujourd’hui, beaucoup de gouvernements, dont 22 en Europe, forcent les gens à subir une stérilisation pour obtenir les documents d’identités officiels qui reflètent leur identité de genre. Sans papiers adéquats, beaucoup sont forcés de vivre aux marges de la société, devenant inaptes à postuler pour du travail, trouver un logement et avoir accès à des services essentiels.

Il y a eu du progrès ces dernières années: plusieurs pays ont introduits des conditions qui rendent plus facile pour les personnes trans* d’avoir leur genre reconnu légalement (…). Par exemple l’Argentine a défini un nouveau standard global avec sa loi sur l’identité de genre et, le mois dernier, la Cour Suprême d’Inde pris une décision historique qui affirme les droits des personnes transgenres dans la plus grande démocratie du monde.

En tant que Haut Commissaire pour les droits humains, j’ai toujours dénoncé la violence et la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Et je n’ai encore rencontré que peu de gouvernements qui condamnent la violence et la discrimination contre les personnes LGBT. Très peu prennent des mesures pour protéger ces personnes contre de telles violations des droits humains.

Au cours des trois dernières années, nous avons produit le premier rapport officiel de l’ONU sur ces thématiques et d’autres documents d’information publique et d’orientation visant à ouvrir le débat sur ces questions aux Nations Unies et au-delà. L’année dernière, mon bureau a lancé la première campagne d’information publique de l’ONU contre l’homophobie et la transphobie: “Free and Equal” (“libre et égaux”).

Notre message est clair: les personnes trans* et de genre non traditionnels doivent avoir accès à ni plus ni moins que les même droits que tout le monde. Nous n’accepterons jamais aucune forme de violence ou de discrimination basée sur l’identité de genre des personnes ou leur expression de genre. Les états devraient interdire la discrimination fondée sur l’identité de genre et rendre plus facile aux personnes trans* la reconnaissance juridique de leur identité de genre. Ils doivent s’assurer que la violence envers les personnes transgenres est correctement recensée et étudiée. Ils devraient sensibiliser les services publiques et éduquer la population.

Le thème que vous avez choisi pour ce congrès, “Trans* Safe and Equal” (trans* en sécurité et égaux) reflète particulièrement ce que nous cherchons tous à atteindre. Les Nations Unies sont avec vous!”
(traduit en français, la vidéo du discours de Navi Pillay est disponible ici: http://tgeu.org/videos/Address_Pilay_Council.mov)

La ministre des droits civils de Malte, Helena Dalli, a ensuite prononcé un discours qui relate les récentes avancées des droits LGBT dans son pays. En effet, Malte est devenu (le 14 avril 2014) le premier pays européen à avoir introduit explicitement la notion d’identité de genre dans sa constitution dans le cadre de la loi contre les discriminations. Le parlement de Malte a également adopté une loi permettant l’union des couples de même sexe qui rend possible l’adoption conjointe.

Transgender Europe

TGEU at the 5th European Transgender CouncilTransgender Europe (TGEU) est une organisation européenne dont le but est d’améliorer les conditions de vie des personnes transgenres en Europe (les pays membre du Conseil de l’Europe, la Suisse, la Turquie, Israël et les pays de l’ancienne Union Soviétique) et de les représenter. Cette organisation fournit un important travail de sensibilisation au sein des institutions européennes et internationales. Une de ses vocations est de soutenir un mouvement transgenre fort en élaborant et développant des réseaux et des programmes de formation pour permettre aux personnes trans* d’être actives et de défendre leurs intérêts à divers niveaux en Europe. TGEU travaille avec des chercheurs et académiciens qui font des études sur les questions trans* et veille à utiliser ces recherches au bénéfice des personnes concernées.