“Les racines de la misogynie et la transphobie sont les mêmes” – nouvelle brochure de TGEU

10fact-transgender-rights-1A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Transgender Europe sort un nouveau dépliant “10 facts on transgender rights and gender equality(«10 faits sur les droits transgenres et l’égalité de genre), qui met en lumière 10 points qui démontrent pourquoi les mouvements pour les droits trans et ceux pour les droits des femmes devraient travailler en solidarité et se soutenir mutuellement face aux discriminations de genre.

La violence basée sur le genre est une question centrale pour les deux mouvements. En 2015, plus de 10 personnes trans ont été assassinées en Europe, pour le seul mois de février 2016, 30 meurtres de personnes trans ont été recensés dans le monde. La transphobie est en relation étroite avec la misogynie et la putophobie (phobie des travailleuses/eurs du sexe) : 99 % des cas de meurtres recensés entre 2008 et 2015 sont des femmes trans, dont une large majorité de travailleuses du sexe. (1)

Les stéréotypes de genre réduisent souvent les femmes et les personnes trans à devenir des cibles de blagues sexistes, soit en les sur-sexualisant, soit en dévaluant leurs personnalités. Tandis qu’on attend généralement des personnes trans* qu’elles correspondent à ces normes traditionnelles de genre, les femmes, les hommes et toutes les autres identités de genre souffrent des tabous sociaux qui limitent à tousTEs l’exploration et l’expression de divers rôles de genre.

Julia Ehrt, directrice exécutrice de TGEU dit «Tandis que l’expérience individuelle de la discrimination ou de la ridiculisation peut être différente entre les femmes, les femmes trans et les personnes trans en général, les racines de celles-ci sont les mêmes : Les attentes de genre envers un individu. Nos mouvements peuvent et devraient travailler ensemble pour surmonter ces stéréotypes pour le bénéfice de tousTEs.»

Adhérer à l’intersectionnalité de nos identités peux amener à une représentation plus diverses de nos voix à travers nos appels pour l’accès aux droits humains pour tousTEs. Les deux mouvements pour les droits des femmes et trans sont façonnés par des réalités diverses, représentant des groupes divers où l’ethnie, la validité, la classe, l’âge et le genre se croisent.

Finalement, Julia Erht rajoute « il est évident que les droits trans sont une question d’égalité de genre, et qu’il y a des questions croisées, comme défier les stéréotypes et la violence basée sur le genre, que nous, en tant que mouvement pour les droits trans, devrions prendre en charge ensemble avec le mouvement pour les droits des femmes. Une plus grande diversité de genre bénéficiera à toute la société et le mouvement pour les droits trans devrait soutenir la pleine égalité pour toutes les femmes ».

Librement traduit de IWD 2016: TGEU releases fact sheet on Trans Rights & Gender Equality – Source Transgender Europe
(1) Voir: Trans Murder Monitoring, http://transrespect.org/en/research/trans-murder-monitoring/

10 facts on transgender rights and gender equality
10 facts on transgender rights and gender equality

(10 faits sur les droits transgenres et l’égalité de genre)

Traduction libre de la brochure :

Le mouvement pour les droits des femmes et le mouvement trans sont face à un retour en arrière conservateur en Europe. Ces 10 faits sont un appel à la solidarité mutuelle entre ces mouvements. Voici pourquoi les droits trans sont une question d’égalité de genre et pourquoi les activistes trans devraient soutenir les droits des femmes.

1) Les droits humains pour tout le monde !
Malgré que le mouvement pour les droits de femmes et le mouvement trans aient gagné la reconnaissance de quelques questions importantes, ils sont toujours loin d’avoir un accès plein à leurs droits.

2) Patriarcat
Le patriarcat est la racine d’à la fois la misogynie et la transphobie : les différences de genre sont utilisées pour renforcer un système de suprématie masculine qui place les femmes, les personnes trans et non-conformes de genre en position inférieure.

3) Intersectionnalité
Comme pour les femmes, les personnes trans forment un groupe diversifié : diverses catégories telles que la « race », l’ethnie, la validité, la classe ou le genre interagissent et amènent des expériences spécifiques d’inégalité. Pour donner un exemple concret, en tant que groupe, les femmes trans de couleur ne sont pas seulement directement touchées par la transphobie, mais aussi par le racisme et le sexisme, ce qui se manifeste en soi par un très haut niveau de violence contre elles. Globalement, la majorité des meurtres de personnes trans recensés sont des femmes trans de couleur. En comparaison, les personnes trans blanches, et beaucoup d’hommes trans, ont certains privilèges (le fait d’être blanc, ou d’être perçu comme un homme) que les femmes trans de couleur n’ont pas, même si la transphobie les mets en situation de risque de violence et de discrimination.
Le mouvement des droits des femmes est façonné de manière similaire à des réalités diverses, avec par exemple les femmes blanches qui bénéficient de certains privilèges que les femmes de couleur n’ont pas, et les femmes de classes moyenne bénéficiant de privilèges que les femmes plus pauvres n’ont pas.

4) Stéréotypes de genre
Les stéréotypes de genre réduisent souvent les femmes et les personnes trans à devenir les cible de blagues, en les sur-sexualisant ou en dévaluant leurs personnalités. On requiert souvent aux personnes trans à correspondre de manière significative aux stéréotypes de genre, par exemple la permission pour une transition légale ou médicale peut dépendre du fait de porter un un jupe ou du maquillage (pour les femmes trans), d’être hétérosexuel etc.. Les femmes, les hommes, et toutes les autres identités de genre souffrent des tabous sociaux qui limitent à tout le monde l’exploration individuelle d’expressions de genre et rôles de genre diversifiés.

5) La violence basée sur le genre
La violence basée sur le genre est une question brûlante pour le mouvement des droits des femmes et le mouvement trans car ils combattent le fait que des individus puissent être ciblés et attaqués pour leur genre, leur identité ou expression de genre. Les femmes trans sont « punies » pour le fait d’être des femmes (et pour « abandonner » le fait d’être un homme), tandis que les hommes trans peuvent être vulnérables à la violence domestique et les abus sexuels. Le fait d’être pauvre et/ou une jeune personne trans augmente le risque de subir une attaque violente. Le fait de ne pas dénoncer les abus, la honte et la dépendance à l’agresseur sont des causes habituellement partagées par les femmes et les personnes trans. Beaucoup de femmes ou de personnes trans qui subissent de la violence de genre ne peuvent pas accéder à des endroits sécurisants, des abris ou des services dédiés. Souvent ces structures manquent de ressources et ne sont pas préparées à accueillir des personnes trans. De plus, la reconnaissance publique, les statistiques, l’application des lois et les programmes de prévention sont trop rares, restreints, ou sous pression.

6) Intégrité de corps, droits sexuels et reproductifs
Tandis que le mouvement des droits des femmes et le mouvement trans se battent pour que les individus puissent faire leurs propres décisions, leurs corps continuent d’être contrôlés tout en étant confrontés à des services de santé et du social inadéquats : 23 états en Europe imposent aux personnes trans d’être stérilisés avant d’avoir leur identité de genre reconnue. Les traitement médicaux d’affirmation de genre dépendent souvent de traitements non voulus, tels que la stérilisation, d’autres intervention chirurgicales, des traitement hormonaux ou la psychothérapie. Des plannings familiaux avec des ressources suffisantes et des services d’avortement qui soient safe sont primordiaux pour réduire la mortalité liée à la grossesse et pour atteindre un accès universel à la santé reproductive (OMS, 2012).

7) Emploi
Saviez-vous que le salaire horaire moyen d’une femme trans diminue de 20 % après un coming out ? La dévaluation structurelle du travail des femmes (l’écart salaire lié au genre) abouti à un écart de salaire pour les femmes trans (Geijtenbeek, plug, 2015). Les femmes et les personnes trans rencontrent le plafond de verre qui entravent leur accès à des positions plus élevées dans la hiérarchie ; leur genre devient un problème et leur qualifications sous-évaluées. Le fait d’être renvoyé ou discriminée lors d’une grossesse ou une transition affecte une personne lors qu’elle est souvent la plus vulnérable.

8) Potentiel verrouillé
Le mouvement pour les droits des femmes s’est beaucoup battu contre le fait d’être considérées comme inférieures (prise de haut par les hommes), tout aussi bien que contre le fait d’avoir les capacités mentales et légales des femmes confisquées. Les personnes trans sont considérées comme malades mentales par l’OMS, d’une même manière que « l’hystérie » ou « l’homosexualité » étaient utilisées pour pathologiser et contrôler les femmes.

9) Représentation politique
Les organisations pour les droits des femmes ont dénoncé les barrières que beaucoup de femmes rencontrent en essayant de progresser dans la hiérarchie politique. 29 % de la population de l’Union Européenne ne serait pas à l’aise avec une personne trans à la tête d’un état. Un des résultats du manque de représentation politique est que les ressources financières allouées restent rares pour les deux groupes.

10) L’égalité des personnes trans n’est pas une menace pour les droits des femmes.
Le fait d’accepter et de soutenir les droits humains pour les personnes trans n’éradique pas l’existence spécifique ou l’expérience des femmes et leurs luttes pour l’égalité. Au contraire, une plus grande diversité de genre bénéficie à toutes en permettant à tout le monde d’explorer et de définir leur genre de façon individuelle. C’est également important que le mouvement pour les droits trans soutienne la pleine égalité pour toutes les femmes.

Des points rapides sur les personnes trans*

Qui sont les personnes trans ?
Les personne transgenres ou trans ont une identité de genre ou une expression de genre qui est différente du genre assigné à la naissance. Certaines personnes trans – mais pas toutes – entreprennent des démarches légales, sociales et/ou médicales pour transitionner, qui est, d’exprimer leur identité de genre interne. Plus de deux tiers des personnes trans ne s’identifient pas avec la binarité des genres, en d’autres mots, pas exclusivement en tant que femme ou hommes (Fundamental rights Agency, 2014). C’est pourquoi c’est plus adéquat de se référer à « l’égalité de genre » plutôt qu’à « l’égalité entre les femmes et les hommes ».

L’identité de genre
Le ressenti et l’expérience individuelle chez chaque personne de son genre, qui peut ou non correspondre au sexe assigné à la naissance (EU External Action Service, LGBTI Guidelines, 2013).

Combien de personnes trans ?
Il n’y a pas de statistiques officielles, mais 1 % (de répondants) d’une large étude représentative de l’Union Européenne rapporte avoir vécu des discriminations basées sur la transidentité (Eurobarometer, 2015), indiquant que près de 5 millions de personnes trans pourraient vivre dans l’UE.

Quelles difficultés rencontrent les personnes trans ?
Dans nos sociétés une personne est soit reconnue comme « homme » ou « femme » – 2 catégories mutuellement exclusives. En conséquences, les personnes trans et toutes celles qui transgressent les normes de genre sont susceptibles de subir la stigmatisation et la discrimination. La violence, le fait d’être déclaré malade mental et l’exclusion sociale s’alimentent mutuellement. Des mesures publiques qui incluent directement les personnes trans peuvent toutefois avoir un impact positif (FRA, 2014).